La recherche d’informations ou de produits sur Internet n’a plus besoin de passer par la saisie clavier d’un texte sur un moteur de recherche. La révolution vocale est en marche: 50% des recherches se feront grâce à la voix d’ici 2020. Aujourd’hui, si le smartphone est l’outil le plus sollicité par un public majoritairement jeune, la recherche “sans écran” via des assistants vocaux devrait prendre de plus en plus d’ampleur. L’un des enjeux majeurs de ce tournant du web est de développer des contenus conversationnels et géolocalisés. Un nouvel outil qui a déjà un énorme impact sur le référencement. Jusqu’au point de le contrôler ?

Un outil encore partiellement mal connu

La recherche vocale est en pleine expansion. D’ici 2020, pas moins de 50% des recherches seront vocales. Les GAFA annoncent même qu’il s’agit d’une révolution aussi déterminante qu’a été l’arrivée du smartphone. Un phénomène enthousiasmant, certes, mais qui masque une réalité en demi-teinte : les Français ont encore quelques difficultés à distinguer les assistants logiciels (Siri, Google, Alexa) des équipements autonomes embarquant ces technologies (Google Home, HomePod, Echo). Et si 81% d’entre eux connaissent les assistants vocaux, seuls 61% les utilisent (Source: étude Search Foresight et Mymedia 2018).

Parmi les adeptes de la recherche vocale, les outils les plus sollicités sont le smartphone (44%), l’ordinateur et la tablette (20%) et enfin les enceintes connectées (13%). Les Millenials (18-34 ans) sont sans surprise les plus enclins à avoir recours à cette technologie. Avec une prime pour Siri – ils sont 74% à la connaître – puis pour Google (70%).

L’engouement pour la recherche vocale est donc lié à l’augmentation du nombre de personnes possédant un smartphone. Les utilisateurs sont désormais plus susceptibles d’utiliser leur appareil mobile que leur ordinateur, lorsqu’ils recherchent des informations.

Il ne faut pas oublier, par ailleurs, la part de recherche vocale dite « sans écran » : Google Home, Amazon Alexa, sont capables de nous aider à chercher des informations sans avoir besoin d’utiliser le médium de l’écran. Aussi appelé « screenless », ce mode de recherche est d’ores et déjà disponible sur différents supports et dans des circonstances variées : dans les voitures avec les ordinateurs de bord connectés, sur nos smartphones bien sûr et à la maison avec les « assistants personnels » qui font désormais partie de notre quotidien. A sa sortie en 2017, Google annonçait avoir vendu plus de 10 millions d’exemplaires de son « majordome digital »…

Un impact sur le référencement naturel

Cette technologie permet à ses utilisateurs de rechercher une information en parlant à haute voix, au lieu de taper une phrase dans une barre de recherche. Après une analyse minutieuse de sa base de données, elle délivre la réponse correspondante sous la forme d’un seul résultat au lieu de toute une page de résultats. Efficacité versus exhaustivité.

La recherche vocale s’avère beaucoup plus pratique à utiliser que la saisie de texte. La quête d’une information devient plus naturelle lorsqu’elle est énoncée, plutôt qu’écrite. Le signe d’une société de plus en plus multi-tâches.

Recherche vocale en développement dans une société de plus en plus multi-tâche

Un constat qui pose un problème en termes de référencement naturel. Car un internaute ne formule pas sa requête de la même manière à l’oral qu’à l’écrit. En se débarrassant du clavier, il modifie aussi sa manière d’interroger les moteurs de recherche. Les pages optimisées pour le « Search traditionnel » ne le sont pas forcément pour le « Voice Search ». Si cette nouvelle fonctionnalité permet aux internautes de trouver plus rapidement l’information exacte recherchée, elle change par conséquent en profondeur les règles du référencement naturel (SEO).

Notamment parce que seul le premier résultat (Featured Snippet) est retenu. La recherche vocale nécessite donc des optimisations SEO spécifiques comme le choix de mots clés et la valorisation de l’expérience sur mobile.

Signe de son importance, la recherche vocale arrive dans le Top 5 des priorités des experts SEO avec l’expérience utilisateur, la rapidité des sites, l’analyse sémantique et le netlinking.

Je veux être prêt pour la recherche vocale

La dimension locale est prioritaire

De manière générale, les recherches vocales les plus formulées actuellement sont des requêtes locales, des ordres d’action du type « jouer ma playlist préférée sur Deezer », des requêtes générales comme « où skier en avril » et des demandes liées aux loisirs.

La dimension locale reste l’une des plus pertinentes. Avec la recherche vocale, Google met ainsi nettement en avant les entreprises locales, par rapport à la position géographique de l’utilisateur. Ces recherches vocales mobiles ont d’ailleurs trois fois plus de chances d’être locales que les recherches textuelles.

Essentiellement car les utilisateurs mobiles recherchent régulièrement des informations avec la géolocalisation activée. Une évolution des pratiques qui promet de grandes opportunités aux entreprises et aux propriétaires de sites internet, en termes de classement sur les requêtes vocales locales.

Les smartphones et les haut-parleurs connectés (Google Home et Amazon Echo) apportent une technologie d’IA (Intelligence Artificielle) de plus en plus sophistiquée. La façon de rechercher une information et les techniques de référencement sont donc condamnées à évoluer.

La recherche vocale change notre façon de chercher une information

L’algorithme de Google changeant très rapidement, les spécialistes du marketing doivent s’adapter sans cesse. Terminé les recherches depuis les ordinateurs de bureau ! Désormais, on utilise le smartphone et la tablette pour trouver une information, acheter des produits en ligne ou faire appel à un service.

Pour optimiser un site web à la recherche vocale, il faut donc avant tout un site web « mobile-friendly » et facilement accessible.

Cela implique des textes assez gros, des boutons et des liens espacés, des blocs conformes à des écrans plus petits et des images adaptées. Il faut également, comme on l’a vu plus haut, booster le référencement local, puisque la recherche vocale est essentiellement locale elle aussi.

Pour y parvenir : création de contenus avec des indications géographiques, paramétrage de pages d’annuaires et des réseaux sociaux, données structurées ou encore obtention d’avis client… Toutes ses actions donnent des chances supplémentaires d’être mis en avant par Google Assistant, Siri ou Alexa.

En résumé, l’évolution de ces pratiques implique de privilégier du contenu conversationnel et géolocalisé. Avec la technologie de la commande vocale, de plus en plus d’internautes effectuent des recherches sous forme de questions.

Privilégier le langage informel

Par exemple, les utilisateurs d’appareils mobiles ne demanderont pas directement « robe verte élégante » ou « restaurant végétarien pas cher », mais demandent plutôt « trouve une robe verte abordable pour un mariage » ou « trouve un restaurant sans viande dans mon quartier ». Les requêtes sont donc plus longues mais aussi plus informelles. Le défi est de créer du contenu qui puisse correspondre à ce style moins codifié, dit sur le ton de la conversation.

Il faut ainsi penser à placer dans les contenus des phrases interrogatives avec des mots clés géolocalisés. Ce type de recherches requiert des informations plus précises que des recherches textuelles. Il est par exemple recommandé de privilégier les FAQ, en français « questions fréquemment posées » qui, par définition, proposent des questions et des réponses. L’usage de forums est également intéressant, car les messages des internautes y sont formulés en langage naturel (conversation parlée).

Outre la formule interrogative, il est important de produire toujours plus de contenus à très forte valeur ajoutée – des textes au format long enrichis de photos et vidéos – et facilement prononçables par une machine.

Sachant que si les fautes d’orthographe ne sont plus un risque, l’interface vocale est susceptible de faire émerger des incompréhensions et des malentendus, par exemple en prenant un mot pour un autre.

Un autre outil pour gagner les faveurs des moteurs de recherche et tirer profit de la recherche vocale est de se concentrer sur les requêtes dites de « longue traîne ». Si elles ne bénéficient que d’un faible volume prises individuellement, leur très grand nombre et leur capacité à apporter un trafic très qualifié en font des leviers importants dans une stratégie de référencement naturel.

Dernier conseil pour adapter le SEO à la recherche vocale : optimiser la Position Zéro (Featured Snippet) qui est la réponse que Google décide de mettre en avant lorsqu’un internaute effectue une requête.

Position 0 Facteur clé d'optimisation SEO pour la recherche vocale

Pour obtenir cette fameuse position 0, on doit dans un premier temps déterminer l’intention de l’internaute pour chaque mot-clé utilisé avec les sites de la première page de la SERP (Search Engine Results Page). Pour cela, une recherche en navigation privée est nécessaire. Il faut ensuite établir une liste des contenus existants qui se classent sur cette première page des résultats et identifier les mots clés qui utilisent déjà la position 0.

Il faut une expérience utilisateur au top

Enfin, il est bien évidemment important d’optimiser la navigation de son site web sur les appareils mobiles. Pour obtenir une recherche vocale satisfaisante, il faut commencer par s’assurer que l’expérience utilisateur globale est au top. Une petite révolution dans la manière dont les « mobinautes » naviguent et dont les chargés de référencement travaillent.

Sans oublier le lien au consommateur, la recherche vocale étant aussi, pour les entreprises et les marques, un moyen de communiquer de façon plus individuelle avec leurs clients. De les toucher plus personnellement. Dans cette optique, il faut orienter la stratégie SEO en direction du consommateur, bien comprendre ses besoins, ses attentes et ses problématiques pour mieux y répondre à travers les contenus optimisés pour la recherche vocale.

L’optimisation SEO pour la recherche vocale améliore ainsi, non seulement l’expérience de recherche en langage parlé, mais également tout le référencement de manière global. Conséquence probable de la « révolution vocale » : la fin du règne du mot clé dans le SEO et l’avènement d’un langage plus proche de la « vraie vie ».

La recherche vocale deviendra-t-elle toute puissante ?

Mais qui dit marché du vocal en pleine mutation, dit risques de concentration… De nombreuses questions se posent sur les scénarios potentiels qui peuvent faire évoluer ce secteur encore jeune.

Pour fournir un horaire de train, par exemple, Google va-t-il utiliser des résultats naturels ou bien des flux mis à disposition par la RATP et la SNCF dans le cadre d’un partenariat ?

Autre cas de figure, lorsqu’un internaute aura envie de regarder un documentaire sur le réchauffement climatique, l’assistant vocal Alexa proposera-t-il la vidéo d’un blog issu d’un résultat naturel, un DVD sur Amazon, le service Prime Vidéo (Amazon) ou bien un documentaire Netflix qui serait tout aussi pertinent ?

Dernier exemple: pour se référencer en tant que livreur de pizza, le référencement vocal sera-t-il accessible ou faudra-t-il absolument passer par un annuaire comme Google My Business (Maps) ou bien s’associer à La Fourchette ou à Deliveroo ?

En clair, à terme, les assistants vocaux vont-ils valider, voire carrément contrôler le référencement ? Sont-ils les nouveaux Big Brothers ?